Exceptionnelle statue représentant l'allégorie…

Lot 95
30 000 - 40 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 48 488 €

Exceptionnelle statue représentant l'allégorie…

Exceptionnelle statue représentant l'allégorie de l'Envie sous la forme d'une femme drapée au corps convulsé dévorant un coeur tenu de sa main gauche.
Attribué à Alonso Berruguete (1489-1561).
Castille, deuxième tiers du XVIe siècle (ancien manque et reprise à la polychromie).
H: 113 provenance; - Collection Jean Cocteau (1889-1963), probablement dans sa maison de Milly-la-Forêt.
- Vente à Monaco, Mes Ader-Picard-Tajan, le 11 décembre 1982, lot 32.
Bibliographie:
- «Guía de la exposición Alonso Berruguete», Cason del Buen Retiro, Madrid, Espagne, Dirección General de Bellas Artes, 1961.
- G. Pillement et N. Daniloff. La Sculpture baroque espagnole, Editions Albin Michel, Paris, 1945.
Alonso Berruguete (1480-1561) est l'un des plus importants sculpteurs espagnols de la Renaissance. Après s'être formé auprès de son père, peintre à la cour d'Espagne, Berruguete part en Italie et fréquente les grands maîtres de la Renaissance florentine, particulièrement Michel-Ange et Raphaël. A son retour en Espagne en 1518, il adopte un style fortement marqué par la leçon michelangélesque qu'il parvient à associer à la tradition de la grande sculpture castillane religieuse et profane. Il se distingue rapidement par une manière tout à fait personnelle du traitement et du modelé des corps et des expressions des personnages qui lui permettent d'être remarqué et d'être nommé Peintre et Sculpteur du roi Charles-Quint, alors le monarque le plus puissant de son temps. Au fil des années, Berruguete ne cessera d'affirmer un style de plus en plus personnel se détachant progressivement des influences des grands maîtres de la Renaissance italienne. Ses figures deviennent plus allongées, il représente des personnages aux corps émaciés et nerveux, tout en tension, leur conférant ainsi une puissance dramatique qui est l'une des caractéristiques de son art.
L'exceptionnelle statue que nous proposons peut être rattachée à son oeuvre. Le sujet représenté, l'allégorie de L'Envie, l'un des sept péchés capitaux définis par Thomas d'Aquin, est l'une des thématiques favorisées par la Sainte Eglise catholique et romaine; cette iconographie se retrouve notamment dans une gravure sur métal de Georg Pencz (1500-1550) qui est conservée au Cabinet des Estampes et des dessins de Strasbourg (Inv.77.002.061). La représentation, figurant une femme à l'attitude tiraillée dévorant le coeur de l'Homme, le visage grimaçant, le corps convulsé semblant être à la limite de la rupture vitale; l'ensemble exprime une tension et une puissance dramatique rarement représentées dans la grande Sculpture occidentale de l'époque, excepté peut-être dans certaines oeuvres de Michel-Ange.
Enfin, relevons particulièrement que cette sculpture apparaît sur une photographie ancienne représentant le poète Jean Cocteau attablé chez lui. A l'arrière sur la gauche nous pouvons y lire un poème daté de 1952 dédié à son ami Pierre Larruit: «J'ai invité à ma table quelques amis disparus et qui vivent davantage que moi-même. De cette table je serai l'hôte invisible puisque ma personne ne me ressemble pas et se promène ailleurs où le veulent ceux qui la forgent.
C'est une joyeuse table de silence au milieu du vacarme. Rien à voir avec des fantômes. On y parle, on y mange, on y boit le noble vin des vignes du sang».
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue