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DUCHESNE (Joseph, sieur de La Violette, Conseiller et médecin Ordinaire du Roy)…
Estimation :
200 - 250 EURDUCHESNE (Joseph, sieur de La Violette, Conseiller et médecin Ordinaire du Roy) :
Tétrade des plus grieves maladies de tout le cerveau.
Paris, C. Morel, 1625
Petit in 8°. 6 pp [Joseph du Chesne, Au lecteur débonnaire], 499 p. [xvii] et 6 feuillets pour la Table des choses et mots plus remarquables en cette Tetrade [Dernier feuillet manquant : Cette table s'arrêtant à la lettre R].
Pleine reliure moderne, en basane blonde, pastiche d'une reliure ancienne.
Il manque les pages 321 à 326.
Les pages sont mal ébarbées.
Première édition de la traduction posthume en français du *Tetras gravissimorum totius capitis affectuum* de Du Chesne, imprimée pour la première fois en 1606.
Médecin français et disciple de Paracelse, Du Chesne est surtout connu pour ses importantes théories alchimiques, quoique transitoires, et pour avoir introduit en France les remèdes antimoniés de Paracelse. Cet ouvrage traite de l'épilepsie, des vertiges, de l'apoplexie et de la paralysie.
Né vers 1544 à Armagnac, Du Chesne étudia à Montpellier, puis à Bâle, où il obtint son diplôme de médecine en 1573. Dans les années 1570, à Lyon, il épousa Anne Trie, petite-fille de Guillaume Budé, et se convertit au calvinisme. Il exerça la médecine et devint médecin de François, duc d'Anjou. Il quitta Lyon en 1580 pour Cassel en Hesse, puis s'installa à Genève, où il obtint la nationalité en 1584. Duchesne fut élu au Conseil des Deux-Cents en 1587 et entreprit des missions diplomatiques à Berne, Bâle, Schaffhouse et Zurich entre 1589 et 1596. En 1598, suite à l'Édit de Nantes, il retourna en France et devint médecin ordinaire d'Henri IV. En 1601, Nicolas Brûlart de Sillery le chargea d'envoyé auprès des cantons suisses. En 1604, il se rendit à la cour de Maurice de Hesse-Cassel où il donna des démonstrations scientifiques dans un laboratoire spécialement aménagé pour lui.
Ce rare ouvrage de neurologie présente une dimension alchimique, notamment à travers la préparation et la formulation de médicaments, inspirées des pratiques hermétiques. La dernière partie du volume traite spécifiquement de ce sujet : « La signature interne du vitriol, de l'antimoine, de l'or et de l'argent, de l'argent brillant ou du mercure ». Le traitement de Du Chesne pour l'épilepsie dérive de la doctrine de l'école galénique mais inclut les théories de l'école spagyrique où il est enseigné que la vraie anatomie des maladies se doit apprendre par la lumière de la nature du Grand Monde, dont l'homme est l'image. Pour Du Chesne, comme pour Paracelse, la vie de l'homme est indissociable de celle de l'univers, où règnent les principes hypostatiques exprimés par le triangle alchimique : soufre, mercure et sel. Son livre se termine par un curieux chapitre sur la vinification de l'or et comment rendre l'or potable.

